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 Silent church {L. Reynolds}

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Annabella Kane
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MessageSujet: Silent church {L. Reynolds} Sam 22 Mar - 23:18
MessageSujet: Silent church {L. Reynolds} Sam 22 Mar - 23:18
MessageSujet: Silent church {L. Reynolds}   Sam 22 Mar - 23:18

Anna se réveilla en sursaut, et avec l’impression qu’on maintenait sa tête dans un étau, afin de plus facile la percer avec de fines et longues aiguilles. La jeune femme se leva, se dirigeant d’un pas lourd vers son élégante salle de bain, dans laquelle se trouvait sa pharmacie. Mais, malheureusement pour elle, il n’y avait rien. Ou, tout du moins, plus rien pour ce genre de migraines. Cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait pas eu de rêve. Celui là avait particulièrement intense et violent. Un démon avait attaqué une survivante contaminée. A ses dépens. La lutte avait été acharnée et la femme s’en était sortie in extremis. Anna se regarda dans le miroir. Elle avait les yeux cernés et mal aux côtes. Elle souleva son débardeur, passant la main sur les ecchymoses qui lui barraient le ventre. Elle soupira, se passant de l’eau sur le visage. Elle ne pourrait pas se rendormir, elle le savait. Elle fit couler l’eau et entra dans sa douche après avoir jeté ses vêtements au loin. Elle se regarda à nouveau dans son miroir. Ses cheveux roux accentuaient la pâleur de son visage et la fatigue qu’on pouvait lire dans ses yeux émeraude. Elle s’habilla rapidement, jetant un coup d’œil à l’heure. Trois heures treize. Donovan dormait probablement comme un loir. Ce qui était aussi bien. Il ne l’aurait jamais laissée sortir au beau milieu de la nuit. Elle se souvint de la seule fois où elle était s’était introduite dans ses rêves. Elle l’avait immédiatement regretté. Il était en train de rêver d’elle. D’une façon qui lui avait fait peur plus qu’autre chose. Elle frissonna rien que d’y penser.

La jeune femme descendit le grand escalier de bois pieds nus, attendant d’être en bas pour mettre ses bottes. Elle faillit laisser échapper un petit cri lorsque le chat vint se frotter dans ses jambes. Elle le caressa avant de gentiment l’envoyer se faire voir ailleurs. L’animal repartit tranquillement, laissant la jeune femme s’enfuir, si l’on pouvait appeler ça ainsi. Anna ferma délicatement la lourde porte en bois, espérant que Donovan n’aurait rien entendu. Elle leva la tête vers le deuxième étage, où se trouvait l’immense chambre de l’homme. Elle resta dans la pénombre plusieurs minutes mais aucune lumière ne s’alluma. Elle soupira, soulagée et quitta la propriété d’un pas vif, ne sachant pas trop où aller. Elle réalisa qu’elle n’était pas allée à l’église depuis… Un bon millénaire. Et quand bien même, à cette heure ci, peu de chances qu’il y ait un prêtre, à supposer qu’ils ne soient pas déjà tous morts. Inconsciemment, la jeune femme arriva devant l’église en ruines de Central Park. La journée, un mendiant jouait de l’harmonica devant le lieu saint. La nuit, il dormait visiblement à l’abri. Anna songea au violon qui reposait sagement dans sa boite, au fin fond de son armoire. Depuis l’accident dans le métro, qui lui avait pris une grande partie de son audition, elle n’y avait plus touché. Comment pouvait on jouer de la musique sans entendre ?

Elle leva la tête vers le vitrail, ou, plus exactement, l’endroit où il se trouvait autrefois. Elle n’avait jamais été vraiment une fervente catholique, malgré son éducation rigide et pieuse. Elle était toujours partie du fait que si Dieu existait (et encore fallait il le prouver), il était tout sauf bon et miséricordieux. Cependant, les cathédrales et autres églises avaient toujours représenté pour elle un havre de paix, un lieu où elle était à l’abri. Comme pour à peu près tous les survivants, spécialement les contaminés. Seule Rhonda avait su qu’Anna en était une. Elle ne l’avait jamais dit à personne depuis. C’était bien trop dangereux. Elle se décida à monter les marches. Il n’y avait personne dans l’église. C’était une bonne chose au fond. Elle avait besoin de silence. Mais d’un vrai silence. Pas celui dans lequel elle était emmurée, mais le silence qui veut dire absence de bruit, absence de personne. Elle traversa la nef d’un pas lent et se signa avant de s’installer à genoux sur un banc de bois, croisant les mains. On aurait presque pu croire qu’elle priait.
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Liam Reynolds
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Dim 23 Mar - 1:26
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Dim 23 Mar - 1:26
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Dim 23 Mar - 1:26

La nuit s’étirait longue et taciturne, le laissant simplement regretter la déchirure qui marquait d’une manière indélébile sa chemise, d’une couleur fort heureusement trop sombre pour avoir gardé la trace du liquide pourpre qui s’y était déposé un peu plus tôt. Le démon suppliant s’était juste permis de saisir un pan de son vêtement alors qu’il s’était approché, incliné pour observer la bouse aqueuse et noircie qui s’esquivait de ses lèvres tordues sous une grimace qui le rendait parfaitement hideux. « ‘ais guegue ‘ose… » articulait-il d’une manière incompréhensible, lui demandant de l’aide, réclamant son assistance, alors que l’ombre de la mort s’approchait âprement, glissant ses doigts squelettiques sur les épaules de celui qui se contenta de se dégager d’un geste sec, offrant son visage à la lune paraissant subitement écarlate. « ‘iaaam ! » hurla-t-il lorsqu’il le vit s’éloigner, avant qu’une quinte de toux n’oppresse à nouveau ses poumons.

« Ne sais-tu reconnaître lorsqu’il est trop tard ? N’arrives-tu pas à sentir sa présence ? » lui demanda-t-il tout en le rejoignant à nouveau, menant ses doigts sur le visage aux traits devenus amèrement pâles comme aurait pût le faire un prêtre attentif aux dernières volontés de son ‘fils’. Mais il ne restait que pour elle, sa saveur, son odeur, sa présence d’amante volage qu’il aimait jusqu’à tendre son être vers elle, jouant à devenir son instrument, sa main… qui se saisissait déjà de sa lame. « Tu es glacé. » murmura-t-il comme pour lui-même, avant que le couteau ne pénètre sa chair, traçant une ligne continue du creux de la trachée jusqu’au centre du buste, sans que la moindre trace d’émotion ne marque ses traits, sans que son sang ne trépasse avec trop d’intensité au niveau de sa gorge, puisqu’il veillait à ne perforer d’artère. Mort… il ne pouvait que l’être, sous une douleur plus atroce encore que celle qui aurait dût être sienne dans l’attente de cette troublante maîtresse qui riait perfidement de la scène qui lui avait offert une âme, sous la vision de ses lèvres goûtant au sang de ce nouveau cadavre d’une moue impitoyablement critique.

A présent, ce n’était plus qu’un souvenir dont seule sa chemise d’un noir opaque gardait des traces invisibles, mémoire de la suite d’un rêve dont il ne savait rien. Se contentant de faire tourner entre ses doigts la médaille ensanglantée qu’il avait dérobée au démon qu’il avait délaissé dans cette ruelle, empruntant déjà les marches de l’église. Etrange pour un démon n’est-ce pas ? Mais il n’avait jamais redouté ces lieux, ce dieu dont la morsure n’avait jamais pût brûler sa peau, moins encore aujourd’hui qu’il tenait cette ridicule rondeur d’argent représentant une vierge. Ce n’était sans aucun doute qu’un souvenir de l’une de ses victimes, une chose ridicule qu’il s’était contenté de ramasser sur le sol, à quelques centimètres de son visage, frêle clin d’œil à une religion dissolue.

Ses pas résonnèrent ainsi dans la nef, premier chemin de la croix détruite menant au chœur du bâtiment, ses iris remarquant adroitement la seule personne se trouvant en ces lieux, la seule qui paraissait également prier une déité, la mauvaise à son sens. Reniant sa première envie d’aller déposer ce cadeau du diable sur l’autel, le démon laissa ses lèvres s’étirer sournoisement, avant de chasser ces traits en faveur d’une innocence tremblante, rehaussée par la douleur que pouvait représenter la tâche rubescente de sa médaille. Et ce fut dans un mimétisme presque parfait qu’il s’installa aux côtés de la jeune femme, le signe de croix réalisé dans une hérésie sournoise… dont il laissa ses lèvres en glisser le sens sous un murmure qu’elle aurait pût entendre dans d’autres circonstances.

« Au nom du Diable, de ses fils, des saints enfers, Amen. »

Cherchait-il à la faire réagir ? Prétendrait-il ensuite qu’elle avait sans doute mal compris ses paroles si elle venait à lui en faire la remarque ? Sans doute… pourtant, il n’y eut rien de tout cela. Juste ce silence opaque qui ne troublait le sens de sa prière impie, avant que l’une de ses mains ne vienne s’apposer sur les siennes pour y délaisser la précieuse médaille, et que ses lèvres ne s’entrouvrent sous l’interrogation de son regard qu’il lui destinait.

« Rien ? Mais qui priez-vous donc ? »

Elle lui rappelait ces sorcières que l'on brûlait sur les bûchers pour ces cheveux dédiés aux enfers... peut-être en était-elle une ? Peut-être seulement, car son odeur ne lui paraissait pas si étrangère que cela. « Que diras-tu petite fille ? Que glisseras-tu à l'oreille du démon, lorsqu'il te révèlera les trésors impies du monde ? »
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Annabella Kane
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Dim 23 Mar - 4:02
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Dim 23 Mar - 4:02
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Dim 23 Mar - 4:02

Elle ne priait pas. Anna ne l’entendit pas pénétrer dans l’église, mais elle sentit sa présence plusieurs minutes avant qu’il ne s’installe à côté d’elle. Elle était d’un naturel méfiant, aussi l’ignora t’elle royalement. Parla t’il ? Fort probable. Mais il avait dû murmurer, malgré l’état de la bâtisse. Et elle avait déjà des difficultés à entendre lorsque les gens parlaient, donc un murmure, aucune chance pour qu’elle l’entende. Elle ne comptait pas réagir, en réalité. Mais lorsqu’il déposa une médaille ensanglantée sur ses mains, elle fut obligée de sortir de son apparente torpeur. Elle décroisa les mains et examina le bijou. Elle manipulait suffisamment le sang de Donovan pour reconnaître de l’hémoglobine démoniaque. Elle la tourna dans tous les sens avant de la lui rendre. Elle regretta soudain de ne pas s’être déguisée en religieuse. Elle aurait pu prétendre avoir fait vœu de silence. Mais sa veste en cuir démontrait le contraire. Elle se décida enfin à regarder l’homme. Il faisait sombre mais elle distinguait parfaitement son visage et son regard qui semblaient innocents et même perdus. Ses yeux pâles la fixaient d’une manière qui ne lui inspirait aucune confiance. Elle lui rendit la médaille, lui faisant un léger sourire narquois.

« Je ne voudrais pas vous priver d’un si joli bijou. Un trophée de chasse, à en juger par le sang qui macule ce médaillon. »


Leurs doigts s’effleurèrent légèrement lorsqu’il reprit le fin bijou, ce qui sembla l’amuser. Elle se sentait un peu mal à l’aise, seule avec cet inconnu qui n’était pas aussi propre que son apparence le prétendait. Elle se força à cacher sa légère appréhension mais elle constata bien vite qu’il l’avait devinée. Pire, il avait l’air de s’en amuser. Elle se leva prestement, se forçant à ne pas regarder en arrière pour voir s’il la suivait. Il n’y avait pas suffisamment de lumière pour qu’elle puisse se servir des ombres. Elle sursauta légèrement lorsqu’elle sentit qu’il l’avait attrapée, lui tendant quelque chose et murmurant à nouveau. La pénombre était un peu trop dense à cet endroit précis pour qu’elle puisse distinguer le mouvement de ses lèvres, aussi ne put elle comprendre ce qu’il disait. Et elle se refusait à lui dire qu’elle ne l’entendait pas. Elle commençait à sérieusement regretter d’avoir quitté le manoir au milieu de la nuit. L’homme avait dû voir qu’il lui faisait peur.

Anna recula légèrement. Il avait eu la charmante idée de se mettre entre elle et la sortie, car on ne pouvait décemment pas appeler une porte ce qu’il en restait. Et faire volte face ne l’avancerait pas plus. Il n’y avait aucune issue derrière elle. Tout s’était effondré. Elle aurait pu tenter de le semer dans les parties effondrées, mais à quoi bon ? Elle se força à garder une respiration calme et régulière. Au moins, s’il n’avait pas un pouvoir qui lui permettait de lire en elle, croirait il qu’elle n’avait pas peur de lui. Ou pas.

« Que me voulez vous ? »
lui demanda t’elle en s’efforçant de garder une voix ferme et calme.
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Liam Reynolds
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Dim 23 Mar - 20:52
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Dim 23 Mar - 20:52
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Dim 23 Mar - 20:52

Petite fleur champêtre qui frissonnait sous sa présence, craintive, ressentant un léger malaise à son contact, en sa présence. Cela l’incita à sourire amusé par ce détail, alors qu’il n’avait esquissé aucune mauvaise intention à son encontre, se conduisant d’une manière plutôt… courtoise jusqu’ici, non ? Pourtant elle avait ce désir insipide de le fuir sans la moindre raison, de disparaître dans les bras de la nuit pour ne jamais le revoir, n’avoir plus cette occasion de croiser à nouveau son chemin, quel qu’il puisse être. Incliné sur le côté pour la voir marcher d’un pas rapide en direction de la sortie, alors qu’il se redressait, son bras s’appuyant sur le dossier du banc, avant qu’il n’esquisse à la manière d’un garçon de théâtre présentant la pièce qui allait se jouer ce soir-là, laissant ses lèvres s’étirer sensiblement plus, l’un de ses bras se diriger vers elle.

« Revenez, je ne compte pas vous dévorer ce soir si c’est ce qui vous inquiète. » glissa-t-il à son attention sous un léger rire moqueur, sans pour autant qu’elle ne réagisse, son timbre s’avérant encore trop léger pour qu’elle perçoive ses mots.

Plissant implicitement son regard dans sa direction, sans comprendre l’attitude de la demoiselle en question, il se décida à gagner rapidement sa position pour la rejoindre, ses pas résonnant sourdement sur le dallage brisé des lieux, avant que ses doigts ne se cristallisent sur son bras, l’empêchant de poursuivre, inversant dans un même geste la position qui était la leur… elle rejoignant le cœur de l’église, lui l’éventuelle sortie à laquelle il tournait délibérément le dos. Pourquoi le fuyait-elle à ce point ? Y avait-il seulement une chance qu’elle ait entendu parler de lui et de ce qu’il avait fait ? Son parfum ne lui était pas étranger, pourtant il n’était lié à aucune chasse qui lui revienne, à moins que le destin frondeur n’ait envie de se jouer de lui, et le prive de cette doucereuse information pourtant si importante à cette seconde. Et puis était-ce la surprise ou bien la peur qui la laissa sursauter à son contact, comme s’il l’avait brûlée en la saisissant sous cette douceur qu’il avait veillé à conserver ?

« Suis-je si terrifiant pour que vous ne daigniez revenir ? Vous oubliez votre médaille… elle est pour vous, en votre hommage. » lui susurra-t-il, capturant la finesse de ses traits délicats dont il n’arrivait à saisir où il avait bien pût les voir… mais rien ne lui revenait, il aurait même juré qu’il ne l’avait jamais rencontrée s'il n'y avait la fragrance de sa peau qui le tourmentait.

Ses doigts avaient cherché à lui redonner le présent qu’elle avait prôné comme étant un trophée, alors qu’elle était si loin de la vérité qui parcourait son être comme le vent qui s’engouffrait lestement, soulevant vêtements et chevelures au gré de ses désirs. Il n'y avait là que l'ombre d'un murmure, d'une esquisse indistincte d'une nuit où sous la méchanceté de son être il avait aidé un être à regarder la fournaise des enfers. N'était-ce pas aimable de sa part ? Et la médaille un dût parfaitement légitime ? Oui... non... et pourquoi pas.

Libérant la délicieuse créature, il l’observa attentivement, suivant la courbe de ses pas qui cherchait à l’éloigner de sa fourbe présence. Et ce fut ainsi qu’il l’entendit l’interroger, sans qu’elle ne daigne répondre à sa propre question, incitant son regard à se plisser d’avantage. Le faisait-elle exprès ou une raison qu’il n’arrivait encore à saisir était la cause de tout cela ? Son visage s’inclinant pesamment vers le sol, un sourire ironique joncha les reflets carmins de ses lèvres, tout en glissant brièvement l’une de ses mains dans le recueillement de sa poche, y délaissant la médaille qu’elle n’avait daigné reprendre. Avant que ses iris ne reviennent effleurer dans la seconde qui suivit les siens, laissant l’océan s’égarer dans le vert intriguant de son regard, alors qu’il s’approchait, comblant insidieusement la distance qui les séparait, ses lèvres regagnant la douce clarté offerte par le ciel et les quelques bougies dont la cire n’avait pas encore trépassé.

« Une simple réponse. Est-ce que cela vous paraît… » lui demanda-t-il, ses doigts glissant dans la douceur rougeoyante de sa chevelure. « … trop difficile ? » Ses traits, ses prunelles, rien ne laissait présager qu’il s’agissait là d’un simple jeu tant il paraissait sérieux, une douceur inconcevable trépassant de son être mesquin. Chassant son véritable paraître en échange de celui-ci, même si son regard persistait sous cette inquisition blafarde, désireuse de découvrir le secret de la petite sorcière.
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Annabella Kane
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Lun 24 Mar - 17:57
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Lun 24 Mar - 17:57
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Lun 24 Mar - 17:57

Anna croisa le regard glacé, et elle sentit une sensation étrange et intense la parcourir. Il lui faisait peur, mais il n’y avait pas que ça. Il y avait quelque chose de malsain chez cet homme, et ce quelque chose la fascinait pour une raison qu’elle n’aurait su expliquer. Il s’approcha encore, et un trait de lumière blanchâtre, offert par la pleine lune illuminant le ciel d’encre, qui s’était malicieusement glissé par un trou béant du toit, éclaira fort avantageusement son visage anguleux et plus particulièrement ses lèvres. Permettant ainsi à la jeune femme de pouvoir en distinguer les mouvements. Cela fut suffisant pour qu’elle fut, ne serait ce qu’un peu, un peu moins angoissée par la proximité de l’individu.

Une réponse. Il souhaitait une réponse. Evidemment que c’était difficile pour elle, vu qu’elle n’entendait presque rien. Il avait probablement parlé au moment où elle ne le regardait pas. Elle n’aimait pas avouer ce que tout le monde considérait comme un handicap. Même si elle se doutait vaguement que l’homme ne jugerait pas cela comme un handicap. Elle hocha vaguement la tête, puis posa une main sur sa gorge.

« Non, ça ne l’est pas. » répondit elle avec un aplomb totalement feint. « Je… Je ne vous ai tout simplement pas entendu. A une époque, il était mal vu de ne pas parler à voix basse dans la maison de Dieu. A présent, qui s’en soucie ? Pourtant tout le monde le fait encore… »

Elle espéra que c’était ce qu’il avait fait. De toute façon, il était peu probable qu’il ait hurlé, vu que l’église était vide et que, de plus, ils étaient seuls. Elle songea un bref instant à Noah. Où se cachait il ? Elle aurait tant voulu pouvoir l’aider. Mais cela impliquait de savoir où il était. Elle secoua imperceptiblement la tête, reportant toute son attention sur l’homme. Elle réalisa qu’elle ignorait son nom. Ce qui était aussi bien. Il ne fallait pas qu’il se fasse des idées, sous prétexte qu’ils s’étaient présentés l’un à l’autre. La jeune femme recula encore, lentement, jusqu’à heurter du dos l’un des murs encore de la bâtisse. Pas très malin. Elle pensa un instant se mettre à courir, mais il était prêt, bien trop prêt pour ne pas tenter de la retenir. Mais au fond, pourquoi aurait il fait ça ? Parce qu’ils vivaient dans un monde complètement fou ?

« Que faites vous à une heure aussi tardive dans une église à demi détruite ? »


Il aurait pu lui poser la même question. Que fichait elle donc ici ? Elle qui n’avait jamais cru en un quelconque dieu. Un besoin de calme et de solitude n’était pas l’unique raison. Elle espérait naïvement qu’il était encore à New York. Mais qui serait aussi fou pour rester avec des personnes pareilles aux trousses ? Elle s’était pourtant fait une raison, sachant qu’il en aimait une autre. Elle voulait simplement savoir. Comment il allait. Juste avoir la preuve qu’il était vivant. Etait ce donc trop demander ?
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Liam Reynolds
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Mer 26 Mar - 0:38
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Mer 26 Mar - 0:38
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Mer 26 Mar - 0:38

« Je vais vous confier un secret petite sorcière… je ne vous crois pas. » lui confia-t-il dans un souffle, son visage s’inclinant imperceptiblement comme s’il allait à la manière d’un vampire venir étancher sa soif à son cou. « Les murmures, même les plus vaporeux, glissent et effleurent votre peau, j’en suis certain. »

Après tout, son explication était… risible ? C’était sans doute le mot le plus adéquat pour souligner ce qu’il pensait de ce qu’elle lui disait. Elle cherchait à le fuir mais ne prêtait aucun intérêt aux sons lui venant de lui ? Allons… justement, nos sens se tendaient invariablement vers notre poursuivant lorsque l’on se sentait menacé, ne serait-ce que pour savoir s’il se rapproche, s’il s’apprête à nous saisir et nous empêcher de disparaître dans les méandres de la nuit. Lui plus qu’une autre créature était sensible au moindre bruit tel l’animal qui vrombissait dans sa poitrine, hurlant à cette lune haït sous les légendes, laissant les parfums gagner son être sous l’intemporalité des lieux qui auraient dût le brûler si l’on en croyait les mythes. Mais même le Christ n’osait plus se dresser face à ces enfers pertinents, à moins que Liam ne fasse finalement plus parti de ces êtres honnis par les lieux saints... Avait-il été béni, hissé aux côtés de ce Dieu insipide pour ses précieuses actions ?

Et elle reculait encore, telle une fleur craintive emportée par les airs, tandis qu’il se rapprochait en conséquence, esquissant un pas lorsqu’elle en faisait un, un fin sourire chassant le sérieux apparent de ses lèvres sous la question qui trépassa des siennes. Que faisait-il ici ? Par l’immondice des cieux, fallait-il une raison pour venir rire au nez des déités fragiles ? Délaisser la mort sur l’autel hypothétiquement pur d’un tel lieu ? Il n’en savait rien, ce n’était pas important de toute manière, alors qu’il posait sa main à proximité de son visage, incitant insidieusement le sien à se rapprocher, ses iris glissant sur ses lèvres pour lui laisser penser qu’il finirait par les ébaucher, avant de revenir croiser les prunelles semblables aux prairies oubliées de la petite princesse égarée en ces lieux.

« Dieu me manquait en ces temps de perdition… sa présence… son parfum… sa saveur… » termina-t-il sous un soupir qui laissait à penser qu’il ne parlait pas de religion, ni même de la présence rassurante du Christ.

Pauvre petit papillon dont il sentait les ailes se débattre sous une liberté brisée, car si son être ne laissait rien paraître, il savait qu’elle frissonnait, la peur cheminant, gravissant son échine jusqu’à s’évaporer dans sa nuque. Permettant à ses lèvres de se faire plus soumises et volages, alors qu’elle persistait dans le jeu de sa vision, ne troublant sa compréhension sans le savoir. Il était le chat, elle la souris, l’abeille et la rose… et s’il venait à savoir qu’elle était ici pour un sentiment ridicule que l’on nommait facilement l’amour, il se moquerait, encore, incapable de penser autre chose de ce ressenti ridicule qui paraissait combler tellement de cœurs, mais en torturer tant d’autres, tout comme le sien, prisonnière d’une attente illusoire.

« Mais vous-même, pourquoi êtes-vous ici ? » la questionna-t-il, ses doigts revenant jouer nébuleusement avec l’une des mèches de sa chevelure, comme s’il découvrait pour la première fois cette couleur ocre qui s’étirait sur celle-ci.

Ave Maria, fredonnait les heures, ave… mais leurs voix s’étiolaient à mesure que les secondes s’étiraient sournoisement sous la présence de l’enfant du Diable. Les ténèbres palpitant à ses côtés s’insinuaient en ces lieux de foi ébranlée, rampant sur ce sol mille fois foulé, y gravant la marque des enfers, y retirant les dernières bribes de lumière qui y persistaient pourtant.
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Ven 28 Mar - 23:37
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Ven 28 Mar - 23:37
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Ven 28 Mar - 23:37

Anna ne put cacher son appréhension plus longtemps. Il était prêt, trop prêt même. Elle pouvait sentir son souffle contre son visage et elle n’appréciait aucunement cette trop grande proximité. Ses yeux bleu clair la glaçaient de l’intérieur, cependant elle n’arrivait pas à détourner le regard. La main qu’il appuya contre le mur, lui coupant toute option de fuite, ne la rassurait pas non plus. En fait, cet homme l’effrayait d’une manière bien particulière. Il exerçait sur elle une étrange fascination, fascination à laquelle elle ne parvenait pas à résister.

Dieu lui manquait ? Elle était bien d’accord. En un sens. D’un autre côté, elle doutait de son apparente sincérité. Il semblait amical, mais il était plus probablement froid et mesquin. Et il était fort peu vraisemblable qu’il soit aussi croyant qu’il avait l’air de le prétendre. On lui avait appris à ne pas juger autrui mais, en grandissant, elle avait très vite réalise que la première impression était toujours la plus forte…


Flash Back

Les infirmières étaient rassemblées à l’accueil, fixant avec un air sombre, hargneux et un tantinet revanchard l’homme en costume noir trois-pièces noir et au regard noir qui parlait au chef des urgences, le Dr Peterson. Ce dernier ne semblait d’ailleurs que très peu ravi d’avoir cette conversation avec lui. Anna et Noah sortirent d’une salle d’examen, et la jeune femme fut assaillie par ses collègues.


« Qu’est ce qu’ils se racontent ? »

Anna haussa un sourcil, tandis que Noah se mettait à rire, traitant les jeunes femmes de commères. Elle tourna la tête vers leur patron et son interlocuteur. Au début, elle eut du mal à comprendre ce qu’ils se disaient. Ensuite, elle espéra avoir mal interprété les mouvements un peu trop rapides de leurs lèvres. L’homme en noir affirmait au Dr Peterson que l’un des soignants des urgences était un survivant contaminé.

« Est ce que ça va ? » lui demanda Noah, légèrement inquiet.

Elle réalisa qu’elle ne disait plus rien depuis de longues minutes, fixant les deux hommes avec des yeux écarquillés et abasourdis.


« Il dit au Dr Peterson qu’il y a un contaminé parmi le personnel… » murmura t’elle, blême.

« Alors ça veut dire qu’ils vont tous nous examiner pour savoir qui il ou elle est, et l’emmener. »

« On ne peut pas les laisser faire ! »


Anna n’ignorait pas que la plupart des médecins et infirmiers, le Dr Peterson en tête, était contre cette pratique qui consistait à emmener les survivants dans un endroit d’où ils ne revenaient jamais.

« Avez vous une idée de qui ça peut être ? »

[i]Quelques heures plus tard, Noah s’enfuyait, sans que la jeune femme ne sache où il allait…

Fin du Flash Back


Elle voulut le repousser lorsqu’elle sentit la main du jeune homme dans ses cheveux. Elle n’aimait pas ça. Pas du tout même. Mais elle se voyait mal se mettre d’un coup à le frapper. Elle se contenta de suivre les mouvements sirupeux de ses lèvres. Que faisait elle ici ? Elle n’osait pas s’avouer ce qu’elle faisait ici. Elle cherchait un vague réconfort, un moyen d’oublier la culpabilité qui la rongeait depuis trop longtemps.

« Je voulais simplement m’aérer. » lâcha t’elle en sachant qu’il y ait peu de chances qu’il la croit, au vu de l’heure qu’il était.
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Lun 31 Mar - 20:54
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Lun 31 Mar - 20:54
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Lun 31 Mar - 20:54

Second mensonge… la pente sur laquelle les pas incertains de la jeune femme sinuaient devenait de plus en plus glissante et raide, alors qu’il la sentait prête à se crisper sous sa présence. Mais son visage se contenta simplement d’onduler de gauche à droite, marquant l’insatisfaction flagrante qu’elle faisait naître en lui, palpable déraison, sous la folie de songes difficilement supportables. Car déjà ses doigts se refermèrent avec âpreté sur sa douce chevelure, contraignant ses traits à s’incliner sous son geste dénué de la moindre douceur. Brisant la frontière du jeu et des mystères, il se laissait suavement glisser avec elle sur les monts et merveilles de la douleur, sous le fâcheux besoin de s’imprégner de son être à la manière d’un Diable redouté, de ceux dont les ombres délaissent pleurs et souffrances sous leur passage.

Ainsi, ce furent ses lèvres qui s’emparèrent des siennes sous la même impulsivité, lui offrant ce baiser volage, voleur, violent, tandis qu’il inclinait plus encore son visage pour le soumettre à propre volonté. Ses dents mordirent finalement l’ourlet de sa lèvre, laissant du sang se mêler à cette étreinte sauvage et brutale qu’il lui imposait. Le précieux liquide carmin aiguisait son être, réveillant les noirceurs indicibles de celui qu’il avait toujours été… le laissant frémir sous le fallacieux mensonge que représentait ce doux bécot qu’elle ne qualifierait pourtant certainement pas de la même manière. Pendant ce temps son autre main s’était esquivée du mur, se déversant jusqu’à s’emparer de sa lame qui se trouvait encore à sa taille, immaculée mais sournoisement oppressée des crimes qu’elle ne comptait plus. Il avait ainsi enlacé ses doigts, laissé son index glisser douloureusement sur l’acier qui sembla s’animer sous le contact savoureux de la vie fugace de la jeune femme. Son sang s’évadait sous une seule et même musique sous les pulsations taciturnes de son corps qui tentait de s’opposer à tout cela, n’ayant pour conclusion que d’inciser plus encore sa peau, ou resserrer l’étreinte de ses doigts, alors que son visage s’éloignait du sien, le fluide carmin s’égarant sur le bord de ses lèvres autrefois immaculées.

« Devrais-je te tordre le cou pour obtenir une vérité de tes lèvres ? » lui glissa-t-il en la fixant intensément, son timbre sourd ne paraissant néanmoins bordé de la moindre mesquinerie.

Mais cela ne fut que de courte durée, car un sourire sournois se dessinait lascivement sur la courbe de ses traits, alors qu’il percevait la blancheur des jointures de ses doigts, sans s’inquiéter le moins du monde de sa réaction, son genou plaqué contre le mur, lui barrant l’accès à la seule fragilité de son anatomie qu’il se connaissait. Qu’elle le frappe, qu’elle le griffe… il guérirait de toute manière, et il rirait de ses tentatives, la laisserait peut-être même fuir l’espace de quelques pas juste pour constater de sa faiblesse, s’imprégner de l’odeur de la peur qui transpirerait de son être fragile. Et déjà il la relâchait, reculant d’un pas frêle… insuffisant, l’observant intensément, alors qu’il menait son index recueillir le sang qui n’était pas le sien pour laisser sa langue en savourer une nouvelle fois le goût sucré et alléchant.

« J’ai un jeu… » reprit-il l’air ailleurs à la manière d’un enfant ingénieux. « …si tu arrives à t’échapper des griffes de l’inquisiteur que je serai, tu seras libre petite sorcière. Mais si je t’attrape, j’aurai le droit de te soumettre à la question… et si je pense que tu me mens, je te déroberai quelque chose. »

Son visage s’inclina implicitement vers le sol, ses lèvres grimaçant l’ombre des ténèbres sous le sourire carnassier qui complétait le sombre scénario qu’il venait de lui confier, sa main retombée à ses côtés conservait le coutelât rougit de son sang, alors que ses prunelles se braquaient d’un éclat maladif jusqu’à elle. Fuit petite fleur… fuit très loin, saisit cette chance qui n’en est finalement pas une où tes larmes souilleront l’océan de ton regard, traceront le sillon de la douleur sur tes joues.

« Fuit ! » lui ordonna-t-il… alors qu’il ne pensait lui laisser que cinq à dix secondes d’avance, juste assez pour lui permettre d'espérer.
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Annabella Kane
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Mar 1 Avr - 15:14
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Mar 1 Avr - 15:14
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Mar 1 Avr - 15:14

Pardon c'est nul mais j'ai A-DO-RE écrire ça...

Anna s’appuya un peu plus contre le mur, laissant échapper un faible petit cri de douleur lorsqu’il lui attrapa les cheveux sans aucune douceur. Elle voulut le repousser mais il est prêt, bien trop prêt d’elle pour qu’elle puisse avoir la moindre amplitude de mouvement. Il était plus que prêt en réalité, il était collé à elle, et elle ne saurait probablement jamais comment elle avait pu garder son sang froid et son calme alors qu’elle pouvait sentir son souffle brûlant sur son visage. Elle n’eut même le temps de détourner la tête lorsqu’il l’embrassa. A vrai dire, ça ne lui était même pas venu à l’idée tant elle s’attendait à tout sauf à ça. Elle ne pouvait ni gémir de douleur ni crier, tant son ‘baiser’, si tant qu’on pouvait encore appeler cela ainsi, était ferme et violent, prenant le goût métallique si typique du sang, goût dû à l’atome de fer emprisonné dans chaque molécule d’hémoglobine. Elle eut presque envie de rire en réalisant qu’elle pensait à des choses si futiles et inutiles alors qu’il était presque en train de la tuer. Mais il s’éloigna enfin d’elle, exigeant une réponse à la question qu’elle n’avait pas entendue. Et elle n’avouerait jamais qu’elle n’entendait que très peu.

Qu’il lui torde le cou si ça pouvait l’amuser. Il valait mieux qu’il ne la rate pas. Elle resta impassible, son visage à la peau pâle se composant un masque d’où ne filtrait aucune émotion. Il était peut être démoniaque, mais tout démon a besoin de repos, et en se concentrant bien, elle pourrait lui faire vivre son pire cauchemar, et ce qu’il comptait lui faire ne serait en comparaison. Il semblait tout de même faire preuve de prudence, ne doutant pas un seul instant qu’elle allait essayer de s’en prendre à lui. Il recula finalement, s’essuyant la bouche avec force délices à n’en pas douter, et s’amusait déjà de ce qu’il lui réservait. Elle le fixa avec un regard qui n’avait plus rien d’effrayé, et ne put s’empêcher de hausser un sourcil à l’énonciation de son étrange proposition. Etait il vraiment sérieux ? Elle faillit éclater de rire. Oh non, elle ne comptait pas fuir, ou, tout du moins, pas dans l’immédiat. Elle avait la ferme intention de lui faire payer son affront. Elle esquissa un léger sourire, profitant vaguement de l’ouverture qu’il lui offrait. Mais elle ne s’éloigna que très peu.

« Et si je n’ai pas envie ? » lâcha t’elle froidement, son sourire s’effaçant tout aussi brusquement qu’il était apparu sur son visage fin. « Et si je préfère rester, que vas tu faire, ô petit démon si méchant… » murmura t’elle, moqueuse et narquoise. Elle était tout près de l’autel à présent. Elle attrapa la première chose qui lui tomba sous la main, en l’occurrence un petit bol en bronze, et le jeta de toutes ses forces sur son assaillant. Elle sourit lorsque l’objet l’atteignit en plein visage. Elle ne sut s’il dit quelque chose, mais elle se doutait bien qu’il devait avoir marmonné qu’il allait la tuer, ou quelque chose du genre. Elle attrapa le candélabre en argent, soufflant sur les trois bougies puis les enlevant délicatement. Rien de tel pour fracasser le crâne de quelqu’un. La forme de l’objet causerait de nombreux coups simultanés, et si l’on dosait bien sa force, on pouvait assommer une personne sans la tuer. Sauf qu’elle avait la ferme intention de le tuer. De le frapper encore et encore, si bien que sa tête serait une masse informe et sanguinolente, que son visage serait méconnaissable, et les morceaux des os de son crâne si petits et si nombreux qu’il serait impossible à quiconque, même au meilleur médecin légiste de la vielle, d’en recoller les morceaux.

« Qui va tuer qui, maintenant, ‘chéri’ ? Allez, debout ! Je veux voir ton visage jusqu’au dernier moment, jusqu’à ce que tu rendes ton dernier souffle. »
cracha t’elle presque avec haine.

L’homme releva la tête, et la blessure que le bol lui avait causé à l’arcade sourcilière se résorba peu à peu. Oups. Cela serait peut être moins facile qu’elle l’avait imaginé. Qu’importe, elle n’avait plus grand chose à perdre. Elle laissa tomber les bras le long de son corps, sans toutefois lâcher son ‘arme’. Il sourit, pensant probablement qu’elle déposait les armes. Les hommes avaient souvent tendance à être trop confiants, et c’était exactement ce qui allait causer la perte de celui là. Lorsqu’il fut assez proche d’elle, elle lui asséna un sévère coup à la tempe. Cette fois, il fut bien sonné et s’effondra sur le sol marbré de la vieille église. Même si elle ne leurrait aucunement, car elle avait bien vu qu’il se relèverait finalement. Elle lui donna plusieurs autres coups. Il semblait ne plus respirer, mais une rapide palpation de sa jugulaire informa la jeune femme que son cœur battait encore faiblement. Ce qui devrait lui laisser quelques minutes pour quitter la bâtisse en ruines et s’éloigner suffisamment pour qu’il ne la retrouve pas. Elle s’éloigna du corps inerte à reculons. Son regard émeraude tomba sur la statue du Christ crucifié. Elle se signa, se dirigeant toujours vers la sortie en marche arrière. Il valait mieux pour sa survie qu’elle garde une vue sur l’endroit où l’homme gisait, dans le cas où il reprendrait connaissance avant qu’elle n’ait pu s’enfuir, étant donné qu’elle ne l’entendrait probablement se réveiller. Elle réalisa à quel point elle avait eu raison lorsqu’il se redressa d’un coup, alors qu’elle était à peine plus de la moitié de l’allée centrale. Elle fit promptement demi tour, et parcourut le reste du chemin en courant. Elle ne se rendit même compte qu’elle descendait les marches quatre à quatre. Elle comprit qu’il serait plus prudent de se cacher plutôt que de tenter de s’éloigner sans savoir s’il gagnait de la distance ou non. Elle trouva une ruelle sombre et s’y cacha, non sans avoir vérifié où il était. Hors de sa vue, mais pas forcément loin. Elle comprit à quel point elle avait eu raison de s’engouffrer là lorsqu’une ombre allongée entra dans son champ de vision. Elle était à peine dix mètres de la vieille église, et il était, tout comme elle, à l’extérieur à présent, la cherchant sans le moindre doute possible…
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Liam Reynolds
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Sam 5 Avr - 0:17
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Sam 5 Avr - 0:17
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Sam 5 Avr - 0:17

Si tu n’as pas envie… compte jusqu’à cent et le loup viendra te dévorer : 1,2,3… Frêle murmure de la terre qui frissonnait sous l’incertitude du démon, la moquerie ingénue des paroles qui n’atteignaient nullement leur but, alors qu’il en aurait volontiers rit tant cela lui paraissait idiot, ridicule, digne d’une enfant de cinq ans. Et lorsqu’elle visa juste son visage, sans qu’il ne cherche à l’éviter, à croire qu’il rêvassait dans ses souvenirs à la perfidie sournoise… oh que lui ferait-il si elle décidait de rester ? De ne pas chercher à le fuir comme elle le faisait à cette seconde ? Le rire sombre de la douleur et de la mort s’élevait sourdement, tandis qu’il se laissait tomber à genoux sous une position étrangement soumise à ce Christ, à ce Dieu trouillard qui s’était déjà sauvé en courant, ce qu’elle aurait dût faire depuis bien longtemps. L’une de ses mains effleura son front meurtri d’un geste détaché, ses doigts glissant sur le liquide pourpre qui s'écoulait jusqu’à son regard, menaçant de noyer sa vision d’un rouge sanguinolent, alors qu’il asséchait vulgairement cette rivière qui s’étancherait d’elle-même d’ici quelques instants.

20, 21, 22…

Debout ? Elle voulait le voir se relever, affronter la douleur qu’elle espérait sans doute apercevoir au fond de ses prunelles, mais il n’y avait que le vide assassin d’une folie qu’elle craindrait, qu’elle haïrait, qu’elle répugnerait lorsqu’elle se déverserait à ses pieds. Mais ne ressentait-elle pas déjà ce sentiment qui la faisait le détester, cependant il ne lui avait rien fait… certes ses lèvres portaient encore la trace de son baiser, les siennes le goût de son sang, pourtant le jeu n’était guère dangereux jusqu’ici. Relevant son visage sous une obéissance sournoise et frondeuse digne de son enfance lorsqu’il tendait son autre joue pour recevoir le bâton ou le fouet, et elle avait le désir de porter la main sur lui comme il le faisait autrefois, la laissant prendre ces traits honnis qu’il s’était juré de faire souffrir mille fois, d’attraper son âme égarée dans les enfers et la traîner sur cette terre pour lui faire ressentir toute la détresse de ses victimes dont il avait presque dérobé la vie en son honneur.

37, 38, 39…

« Diable d’obscurité… sait-elle ? Non, jamais elle ne le pourra. » songeait-il alors qu’un sourire fugace orna ses lèvres devant sa réaction face à la guérison de sa blessure. Mais il se releva finalement, s’approchant sourdement d’elle, ses pas résonnant comme lorsqu’il était enfant dans ce qui fut autrefois la demeure du Seigneur, tout du moins d’un Seigneur différent de celui du fils de cet autre qui régnait déjà sur le monde de son voile d’insanités tortueuses. Et s’il remarqua son geste, il eut l’espace d’un instant l’envie de le bloquer, de l’empêcher d’assouvir son désir sous la rapidité que lui offrait sa nature, mais non… « Frappe, frappe petite fleur, je t’écraserai bien assez tôt. » lui susurrait son regard qu’elle ne sut pas déchiffrer. Une idiote… comme tant d’autres, elle n’était que cela. Le coup heurta son visage, le laissant s’écrouler lourdement sur le sol, tandis que d’autres coups heurtaient son corps semblable à celui d’une frêle poupée de chiffon.

60, 61, 62…

Il ne sentit ni sa main qui glissa sur sa gorge, ni ne l’entendit fuir sous le conseil qu’elle écoutait finalement trop tardivement pour se laisser une véritable chance. Durant ces instants illusoires, des paroles venues d’une autre voix sinuaient sur les venelles de son âme… « Demande pardon ! Supplie ! … » L’incitant, lui offrant presque la force de se relever, son regard se braquant dans la direction où elle fuyait, ses lèvres s’étirant sous la candeur de sa langue qui se fit caresse sur celles qui auraient pourtant dût crier la douleur qui rongeait encore son corps sous la guérison que ce dernier effectuait. Quelques secondes encore le laissèrent retrouver la stabilité de ses jambes, sa chaire ne souffrant plus de la moindre coupure à l’instant où il fit craquer ses cervicales en inclinant son visage de gauche à droite.

87, 88, 89…

Sans attendre que le compte à rebours soit parvenu à son terme, l’être démoniaque s’engagea à son tour dans l’allée, après tout, il ne lui devait plus rien à présent, pas même la moindre concession après ce qu’elle venait de faire. Arrivée sur le devant de l’Eglise, son visage s’orienta implicitement vers le ciel, humant les odeurs qui lui parvenaient, lui indiquant traîtreusement la direction qu’elle venait d’emprunter, le laissant reprendre la chasse de celle qu’il égorgerait volontiers sans la moindre pudeur, éventrerait son buste pour déverser ses entrailles sur le bitume criant de froideur, avant de s’en repaître sous un fastidieux repas.

100.

« Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas, si le loup y était, il nous mangerait… » murmurait-il à la nuit, son visage dodelinant sous une incertitude feinte, alors qu’il avait parfaitement situé de quelle ruelle lui provenait le parfum suave de sa petite fleur champêtre qui supplierait bientôt son pardon. A vrai dire, si le fait qu’elle soit d’une aide précieuse pour Gabriel aurait pût la sauver un peu plus tôt, il ne faisait aucun doute qu’à cette seconde il se serait contenté d’en rire avec perfidie tout en haussant négligemment ses épaules. Une arme à feu prit bientôt place entre ses doigts, vestige de sa précédente rencontre avec une certaine chasseuse, avant qu’il ne l’oriente avec une justesse maladive vers l’endroit où elle se dissimulait.

« Sort de ta cachette… ‘je veux voir ton visage jusqu’au dernier moment, jusqu’à ce que tu rendes ton dernier souffle’… » chantonna-t-il dans l’ombre sournoise de la déraison, calfeutré sous le rire malfaisant qui se fit entendre ensuite sous la pensée que l’obscurité devenait lumière pour le loup qu’il était.
N’avait-elle jamais eu peur du loup ? Il serait peut-être temps pour elle de commencer, car si elle cherchait une nouvelle fois à fuir, il n’hésiterait pas à l’abattre.

« ‘Et si je préfère rester, que vas tu faire, ô petit démon si méchant…’ » imitait-il à présent sans répondre à cette question si judicieuse, car sa fuite était trop tardive, bien trop. Et lorsqu’il parvint jusqu’à elle sous une rapidité propre à sa capacité, la crosse de son arme heurta violemment le visage de la jeune femme, avant qu’il ne l’entraîne à sa suite sous ses doigts qui agrippèrent sa chevelure rousse. Puis il la jeta vulgairement sur le sol tandis que ce qui fut autrefois la croix de fer sur le sommet du clocher de l’église emprisonnait son poignet contre le sol, la maintenant sous une soumission perfide qui l’empêchait de se relever sous la télékinésie qu’il concentrait en ce sens tandis qu’il commençait à tourner autour d’elle, l’arme figurant toujours entre ses doigts.

« Le tribunal t’a reconnue coupable, qu’as-tu à dire pour ta défense sorcière ? »
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Mar 8 Avr - 19:39
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Mar 8 Avr - 19:39
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Mar 8 Avr - 19:39

Anna osait à peine respirer tant elle avait peur que l’homme ne l’entende. Il était loin d’être humain. Etrangement, il avait la même capacité de Noah, mais, au vu de la confiance excessive qu’il avait en lui même, il était capable de bien plus. Elle se calfeutra un peu plus dans l’ombre faussement protectrice de la ruelle. Elle n’avait pas besoin de l’entendre pour savoir qu’il était finalement sorti de l’église. Elle se rendit compte qu’elle tremblait, et que ce n’était pas seulement dû au froid hivernal. Elle vit une ombre s’allonger peu à peu. Elle s’enfonça encore dans la ruelle, qui n’était en réalité qu’une impasse miteuse. Elle ne pourrait probablement pas se cacher, mais la pénombre lui donnerait peut être un avantage. Du moins l’espérait elle. Elle ne réalisa que trop tard que l’ombre s’engageait dans sa pseudo-cachette et ne put retenir le cri de douleur lorsqu’il la frappa avant de l’attraper, une fois encore, par ses boucles enflammées. La douleur de sa pommette embrumait sa vision et ses sensations, aussi ne sut elle pas vraiment si elle était tombée ou s’il l’avait jetée comme une malpropre sur le bitume froid. Il lui fallut plusieurs minutes, trop longues à son goût, pour reprendre ses esprits. Un semblant, du moins. Elle voulut se relever, mais elle constata qu’elle était coincée par une croix. Une croix de fer qui ne semblait pas si lourde. Il l’avait frappée plus fort qu’elle ne l’aurait cru de prime abord. Elle regretta amèrement de ne pas avoir tenté de fuir quand même, en prenant le risque qu’il la rattrape.

Il tournait autour d’elle. Comme si elle avait besoin de ça. Comme si la brutalité dont il avait fait preuve ne suffisait pas à lui donner la nausée. Il parlait, elle voyait vaguement ses lèvres bouger. Il ne parlait probablement pas fort, auquel cas elle aurait vaguement perçu un murmure. Le seul mot qu’elle perçut fut ‘sorcière’. Sorcière. Cet imbécile la prenait visiblement pour l’une d’entre elles. Elle laissa échapper un rire nerveux. Mais elle se calma très vite, reprenant très son sérieux, fixant, glaciale, celui qui semblait bien décidé à abréger sa vie. Il s’était arrêté, la fixant de ses yeux pâles. Son visage était inexpressif. Elle se demanda si le sien l’était aussi. Bien évidemment que non. Elle transpirait presque la haine tenace qu’elle vouait à cet inconnu et la rage, cette rage qui la maintiendrait en vie aussi longtemps que son corps pourrait supporter les tortures que cet être vil et malsain, qui n’aurait jamais dû venir au monde, s’apprêtait à lui infliger sans le moindre état d’âme, simplement pour s’amuser.

« Vous ne pensez pas vraiment ce que vous dites, n’est ce pas ? Pensez vous sérieusement que vous seriez encore là si j’étais une sorcière ? Une sorcière aurait trouvé presque immédiatement que rien ne pouvait vous tuer, et elle aurait trouvé un moyen bien efficace que celui que j’ai utilisé pour vous neutraliser. Sombre idiot. »

Ce faisant, elle tentait de dégager son poignet. Sous le regard amusé de l’individu. Comment avait elle pu ne pas se rendre compte plus que c’était lui qui l’empêchait de se libérer et de se relever. Elle abandonna. Pour un temps. Elle songea un bref instant à hurler, mais qui aurait bien pu l’entendre à une heure pareille ? Et quand bien même, qui l’aurait aidée ? Elle avait vu tellement de victimes arriver dans un état déplorable aux urgences, et lui expliquer à leur réveil qu’ils avaient hurlé mais que personne ne les avait aidés ?

« Que me voulez vous à la fin ? » lâcha t’elle, sa patience s’envolant peu à peu. Elle commençait à parler fort, un peu trop fort, mais elle s’en rendait à peine compte. Elle aurait pu crier même, elle ne se serait que vaguement rendue compte. Elle aurait dû être plus prudente. Sa stupide fierté, elle le reconnaissait elle même, l’empêchait la plupart du temps, d’avouer qu’elle n’entendait pas. Elle était, de toute façon, déjà en position de faiblesse, inutile d’en rajouter et de laisser ce rustre jubiler. Ce rustre qui ne l’était pas tant que ça, ce rustre qui l’appelait sa petite fleur champêtre, ce rustre qui, étrangement, continuer à la fasciner d’une manière malsaine et effrayante.
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Lun 14 Avr - 22:41
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Lun 14 Avr - 22:41
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Lun 14 Avr - 22:41

Diable qu’elle était agaçante cette petite sorcière à toujours rationaliser les choses. Bientôt elle irait prétendre que le Diable n’était qu’une invention, et Dieu… enfin pour ce dernier, il n’y avait aucun doute, il s’était déjà écroulé dans la tombe qui lui était depuis toujours réservée dans l’antre infernal de l’antéchrist. Et elle poursuivait sans s’arrêter… et s’il décidait d’être un inquisiteur de l’ancien temps, aucun d’eux n’aurait été convaincu par son plaidoyer plutôt bancal qui n’aurait mérité que la noyade pour seule rédemption et blasphème. Après tout, avait-il précisé pour qu’elle créature il travaillait ? Non. Et puis pourquoi l’aurait-il fait, alors qu’il se disait prêtre, bourreau et créateur à la fois ? L’assemblée, le jury et le juge. Et bien évidemment, elle terminait sur une misérable insulte, qui aurait dût le faire se sentir… blessé ?

« Le devrais-je ? » lui demanda-t-il dans un souffle, sans prêter d’attention à la question qui venait de s’élever dans la ruelle.

Après tout, elle en faisait bien de même, pourquoi accorderait-il à ses propos une once d’attention que ceux-ci ne méritaient en conséquence aucunement. De toute manière, elle ne l’avait pas entendu, puisqu’il venait de parler dans son dos, continuant à dériver autour de ce corps fragile ayant tenté sous un ridicule espoir qu’il pourrait se détacher et s’en aller au loin. Mais non, elle ne le pourrait que lorsqu’il l’aurait décidé, ne l’avait-elle pas compris ? D’ailleurs, comment les horreurs de l’inquisition se réalisaient-elles ? Il ne se souvenait que de deux choses… la question n’était jamais bien seule, un appareillage abominablement douloureux persistait à ses côtés : l’écartèlement ou encore le supplice de la noyage, l’un et l’autre ne lui apporterait néanmoins pas l’once d’un plaisir. Mais en vérité, que lui voulait-il ? Et bien sa réponse voyons. A quelle question ? Il n’en savait traîtreusement plus rien, et s’en moquait bel et bien. Puisqu’en l’occurrence, il lui fallait trouver autre chose : Absolument.

Le fouet serait trop bon pour elle, comme s’il retournait le mal vers son créateur, mais le pire se laissait désirer, glissant insidieusement dans le creux de son âme perfide. Un pas, puis un autre sinuaient sur le bitume sous une marche funèbre qui n’avait pour recueil ni clavecin, ni orgue. Incisant la courbe des heures sous la réflexion de la douleur qu’il lui confierait, car il ne la laisserait pas partir si facilement, toute souris méritait de souffrir dans son labyrinthe, plus encore si elle se refusait à jouer le jeu, n’est-il pas ? Un fielleux sourire se dessina sur la courbe de son visage incliné vers le ciel comme s’il s’attendait à subir la main vengeresse du Très Haut, avant qu’il ne laisse un rire trahir son amusement tout en repassant dans le dos de la jeune femme où il s’inclina suavement de manière à interrompre sa marche intemporelle de censeur.

« Je devrais t’abandonner aux charognards, ainsi je verrai si le christ te protégera. » murmura-t-il dans son ombre, glissant suavement ces paroles à son oreille qui n’en percevrait que le souffle.

Il ne manquerait plus qu’il laisse une lame serpenter à la manière d’un nouveau supplice sur sa peau et qu’il aille ensuite s’installer au loin pour observer la venue des rats auprès d’elle, et constater que sa théorie risquait de causer sa mort. Fugace hérésie qui le laissait constater qu’il n’y prendrait plaisir que dans les premières secondes où la vermine s’abreuverait de ses plaies, la laissant hurler sa terreur, à moins que cela ne serait que l’élancement de sa chaire. Peut-être bien qu’il le ferait, mais il se redressait déjà, guettant avec impatience la réaction qu’elle pourrait avoir à ce qu’il venait de lui glisser, mais il ne percevait rien de ce à quoi il aurait bien pût s’attendre… qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? ‘Allons Liam, réfléchis donc… cela n’a rien de bien compliqué’ paraissait lui susurrer l’ombre nocturne qui tourbillonnait autour de lui à la manière d’une amante inébranlable, spectre irrespectueux du repos des âmes.

Il recula de quelques pas, comme si l’évidence venait de le frapper vulgairement en plein visage, son regard se plissant imprudemment dans sa direction. Etait-elle incapable de percevoir ce qu’il disait ? C’était une hypothèse absolument idiote, mais qui serait capable d’expliquer tant de choses… Oh ! Mais voilà que cela lui donnait l’idée d’un nouveau jeu, un nouvel amusement, mais il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuée, et avant tout vérifier si son idée était belle et bien la bonne. Se plaçant face à elle, son visage voisinant la main invisible de laquelle celui-ci se rapprochait comme sous une caresse qu’il désirait prolonger tel un vulgaire cabot, il laissa ses lèvres entrouvrir…

« J’ai… un nouveau jeu. Si tu arrives à découvrir ma récompense, je te l’offre sans discuter. »

Trop simple, pourraient dire la plupart de ses victimes devant une telle effronterie. Mais s’il venait à la perdre ce soir, il la retrouverait bien un autre de ce mois. Et puis il voulait être certain, savoir sous le risque que pouvait représenter le simple fait d’encourir une défaite, une piètre solitude dans laquelle il se condamnerait pour la nuit. Tel un voile fugace, ses doigts vinrent masquer ses lèvres durant quelques insensibles secondes, tandis qu’il déversait de nouvelles paroles de la même manière dont l’église avait emprisonné les autres, et comme l'aléa de ses pas lui en avait dissimulées d’autres.

« La liberté. » confia-t-il donc aux affres de la nuit, tout en ne précisant ni l’instant, ni la manière, sa main dissimulant la gestuelle de ses lèvres.

Fou serait celui qui pourrait croire qu’il perdrait le moindre avantage si facilement. ‘Viens dans ses bras… et danse vers la lune, danse petite plume, jusqu’à y perdre ton souffle pal, lui concéder la sombre vérité de tes propres lèvres, jusqu’à renier ce pieux mensonge mortifère.
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Mer 16 Avr - 17:04
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Mer 16 Avr - 17:04
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Mer 16 Avr - 17:04

{pardon, c'est nuuuuul }
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Anna aurait dû trembler de peur à l’idée de ce qu’il lui réservait. En réalité, elle espérait bien qu’il allait faire quelque chose, plutôt que de lâchement la maintenir à terre. Comme la plupart des démons, il n’avait rien dans le pantalon. Ça ne l’étonnait même plus. Cette rage sourde qui habitait la jeune femme, cette rage qu’elle avait tant de mal à contenir, ne l’aiderait pas, elle le savait pertinemment, pourtant elle avait plus qu’envie de cracher toute sa haine et toute sa bile au visage de cet immonde mécréant qui n’aurait jamais dû voir le jour. Mais elle était coincée au sol par l’individu. Qui continuait, encore et toujours, à la fasciner, sans qu’elle ne puisse dire pourquoi. Elle se surprit à suivre du regard, autant que faire se peut, le profil de l’homme lorsqu’il lui tournait autour. Elle espérait secrètement qu’il ne lui parlait pas, mais c’était précisément parce qu’il lui avait parlé, et qu’elle n’avait pas répondu, que sa colère s’était brusquement déclenchée. Anna déglutit. Ça ne risquait pas de s’arranger. Elle savait ce qu’était la douleur physique, et n’avait pas spécialement envie de vérifier si elle s’en souvenait toujours aussi bien. Elle s’était perdue dans ses noires pensées, aussi sursauta t’elle légèrement en sentant son souffle irrégulier dans sa nuque. Il lui parlait. Encore. Elle aurait dû être soulagée qu’il ne se soit pas encore rendu compte qu’elle ne l’entendait pas. Sauf que ça ne ferait qu’empirer les choses. Il se mit finalement face à elle, aussi se prépara t’elle à encaisser un nouveau coup au visage. Mais il ne fit rien. Elle aurait dû s’y attendre, ce n’était pas assez traître pour lui. Ce qu’il lui dit la laissa perplexe. Lui offrir une récompense si elle devinait ce que c’était. Elle fronça les sourcils, le fixant durement, alors qu’elle pouvait voir une lueur amusée dans ses yeux lagon. Cet imbécile la prenait encore pour une sorcière qui pourrait lire dans ses pensées. Elle aurait dû jouer sur ça. Elle aurait peut être pu gagner du temps, plutôt que s’énerver stupidement. Elle était beaucoup trop impulsive, elle le savait. Et ça allait la perdre. Il mit une main devant sa bouche, comme pour lui cacher un rire moqueur. Qu’il la libère enfin, il rirait certainement moins. Et elle, nettement plus. Aussi, comme pour lui signifier qu’il l’ennuyait profondément avec son jeu stupide, elle laissa échapper un long soupir de lassitude.

« Quel âge as tu donc ? Tu ne crois que tu devrais mûrir un peu, et faire preuve d’un peu plus de courage ? » lâcha t’elle, narquoise, lui balançant implicitement, en pleine figure, qu’il n’était qu’un insignifiant démon à ses yeux. Car c’était bel et bien ce qu’il était pour elle. Il avait le dessus ? Il avait tort de croire qu’elle allait se laisser mourir aussi facilement. Il lui vint subitement une idée. Elle fouilla la poche de sa veste. Il y avait bien le petit flacon qu’elle cherchait. Une dose qui aurait assommé un cheval. Encore eut il fallu qu’elle ait une seringue pour se l’injecter. Elle jeta la fiole avec rage, imaginant sans peine le bruit cristallin du verre brisé. Pourquoi se comportait elle toujours en médecin ? Le commun des mortels aurait eu une boîte de somnifères, pas l’équivalent en intraveineuse. Elle releva la tête. Il la fixait, semblant visiblement perplexe. Croyait il vraiment qu’elle avait voulu se suicider ? Si ça pouvait l’amuser. Elle voulait simplement dormir, un bref instant. Un instant qui lui aurait été suffisant pour trouver le pire cauchemar du démon et l’achever avec. Mais même ça, c’était trop demandé. « Quoi ? » cria t’elle, presque enragée. Il ne l’aurait pas maintenue à terre, elle se serait jetée sur lui et l’aurait roué de coups. Elle avait grandi dans un orphelinat, et suffisamment fréquenté pour savoir parfaitement se battre sans être ceinture noire de karaté. « Allez tous pourrir en enfer, pauvres démons. Où est donc votre cher Satan ? Il vous a abandonnés, ici, parmi les humains, et vous laisse vivre comme les misérables charognards que vous étiez déjà en enfer ! » Etait ce une bonne idée de le provoquer ainsi ? Elle l’espérait, car avec un peu de chance, il relâcherait son étreinte. Mais en réalité, elle s’attendait presque à le voir rire. Rien ne semblait pouvoir énerver ce stupide individu.
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Liam Reynolds
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MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Jeu 17 Avr - 17:50
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds} Jeu 17 Avr - 17:50
MessageSujet: Re: Silent church {L. Reynolds}   Jeu 17 Avr - 17:50

Un étrange éclat scintilla dans l’azur de son regard lorsqu’il entendit sa réponse, ses doigts retombant lestement à ses côtés comme s’il en avait subitement perdu le contrôle. Sincèrement surpris d’avoir esquissé la bonne hypothèse la concernant, l’être des ombres ne cessait de l’observer d’un œil intrigué, pour la première fois se tenait devant lui une personne qui ne pouvait l’entendre s’il ne se trouvait pas face à elle, et que celle-ci n’avait accès à la danse sirupeuse de ses lèvres. Mais elle glissait déjà sa main libre dans sa poche pour s’emparer de quelque chose, attentif, ses iris se plissant imperceptiblement sous la méfiance qu’il ne pouvait s’empêcher de ressentir à son encontre après les coups qu’elle avait osé porter sur lui ; et ce ne fut qu’un vulgaire flacon qui brilla sous l’éclat terne de l’astre des cieux.

Sans doute faudrait-il lui expliquer qui était cet étrange numéro qui n’avait, sommes toutes, rien dans sa boîte à malice capable de lui faire du mal, contrairement à ce qu’elle devait imaginer. Stoïque, il ne répondit pas à sa question, l’observant à la manière d’un animal qui cherchait à découvrir ce qui se trouvait dans son esprit, expliquer cette étrange réaction qu’elle venait d’avoir. Et comme elle s’y attendait, un pernicieux sourire inonda ses lèvres d’une ombre malsaine, sans que son rire, néanmoins, n’ébranle le nouveau silence dont il appréciait le voile religieux emprunté aux ténèbres. Anna n’avait pas compris à quel point la vérité lui échappait, le dessin de la réalité n’arrivant à ébranler l’insanité de celui qui la fixait d’une manière haïssable. Pourquoi chercher à le provoquer lorsque ce n’était pas ces paroles qui empoisonnaient son âme, et chercher à le mener sur la venelle de l’horreur serait tout simplement signer, non pas son arrêt de mort, car celle-ci serait bien trop douce, mais bien pire. Ainsi qu’elle soit heureuse de ne pas réveiller les enfers torturés de son être, ou sa langue pourrait y perdre son existence. Quel était le plus horrible ? Vivre dans l’incapacité d’exprimer le moindre mot ? Ou dans le noir le plus total sous la perte de ses yeux ? Mais il n’y réfléchissait aucunement, l’inspiration viendrait bien le moment venue si cela avait une quelconque raison d’être.

« Je devrais, je devrais, mais le monde est tellement plus intéressant que la froideur inconstante des flammes. Il y a encore tant de sangs à goûter, non pas à la manière d’un charognard, détrompe-toi, mais tel un vampire… je t’en donnerai un aperçu, je te le promets. » expliqua-t-il comme s’ils se trouvaient tous deux dans un simple salon à converser du menu du soir, sa langue glissant suavement sur ses lèvres sous l’idée alléchante qui se dessinait dans le creux de son âme.

« Mais avant, j’ai une petite histoire à te raconter, tu verras, je suis certain que tu vas l’aimer… Il était une fois une petite sorcière, sa chevelure flamboyante tourbillonnait sous les assauts incessants du vent capricieux qui se plaisaient à l’ébaucher pour lui clamer son existence, puisque comble de l’ironie, elle ne pouvait l’entendre. Et un jour, un ogre croisa sa route, intrigué qu’elle ne le trouve subitement laid pour le sang qui coulait sur ses doigts, et chercha à découvrir pourquoi. N’obtenant aucune réponse, il insista, n’obtenant pour récompense que le salut d’un fouet méprisable, qui l’incita à enlever la sorcière dans l’intention de la brûler sur sa rôtissoire et de la dévorer comme il se devait. Mais il comprit finalement son erreur, en découvrant la surdité de sa proie sous un jeu dont elle ne saisit la finalité puisqu’elle ne sut entendre la réponse qui lui aurait assuré… la liberté. »

Un rire sourd troubla la fin de ses paroles, de cette liberté qu’elle venait de négliger sans le vouloir, sous l’idée que si elle lui avait finalement avoué la vérité, jamais ses lèvres ne se seraient imprégnées des siennes sous la découverte de la saveur de son sang, et jamais elle ne se serait retrouvée dans une telle situation. Il fallait bien avouer que tout ceci l’amusait grandement, et sans même prendre de précaution, il se rapprocha d’elle, relâchant la pression de la barre qui la maintenait au sol, tandis qu’il l’y plaquait plus sûrement sous le geste incisif de ses doigts qui se refermèrent sur ses poignets avec avidité, les condamnant à rester dans son dos, alors qu’il en faisait de même, son genou prenant appui sur ses fesses tandis qu’il inclinait son visage de manière à ce qu’elle puisse voir ses lèvres lui confier d’autres paroles.

« Tu veux savoir ce qu’il fit ensuite ? Il lui proposa trois solutions… et toi, tu choisiras laquelle ? »

Il ne les avait pas énoncées ? Cela était parfaitement normal, il n’avait pas l’intention de le faire. Et si elle ne se décidait pas, il prendrait l’option la plus horrible : la quatrième qu’il n’incluait pas dans le lot des trois autres, celle qui la réduirait à l’état de viande pour des êtres sans scrupules qui prendraient grand plaisir à arpenter les courbes de son corps sans qu’il n’ait besoin de se salir les mains.

« Petit conseil… choisi. Le Diable ne m’a pas exilé sur terre pour rien. » conclua-t-il sous un sérieux mesquin qui ne laissait rien présager de bon.
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Silent church {L. Reynolds}

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